Une expérience documentaire de 24 heures enrichie sur second écran.

Projet

Programme TV

Web

« 24h Jérusalem » raconte un jour de cette ville magique et pleine de contradictions. Au cœur d’un point chaud du globe, un projet unique à découvrir à la télévision et sur Internet.

Jérusalem. Une ville absolument unique au monde. Lieu intense et lieu de tensions, lieu de désir et lieu de foi. Ici, ciel et terre s’embrassent, et avec eux, les religions de ce monde. Mais Jérusalem, c’est aussi la ville où les conflits s’exacerbent. Israéliens et Palestiniens s’affrontent depuis des décennies pour leur place dans la ville divisée.

Grâce à « 24h Jérusalem », plongez-vous durant tout un jour dans ce creuset mystique. Vivez des rencontres passionnantes dans le dédale des rues et au pied des murailles de la cité plusieurs fois millénaire. Et faites connaissance avec quelques-uns de ses habitants, qui chaque jour, chaque instant, se heurtent à de nouveaux obstacles, de nouvelles frontières.

Partenaires

  • Zero One
  • Alegria
  • BR
  • ARTE
  • FFF Bayern
  • medienboard
  • Film und Medien Stiftung NRW
  • Medai - Europe loves cinema
  • YLE Teema
  • NRK
  • firsthandfilms

Un programme TV de 24 heures

De six heures du matin à six heures le lendemain, d’un lever du jour à l’autre, découvrir le quotidien de tous les habitants de Jérusalem : telle est l’extraordinaire expérience que propose « 24h Jérusalem ».

Un an après un tournage effectué par environ 70 équipes auprès de ses habitants palestiniens, israéliens, et de ceux venus d’ailleurs, la vie telle qu’elle est vécue, heure après heure. Un programme documentaire où les personnages de tous horizons, toutes convictions, toutes conditions, trouvent chacun leurs manières et raisons de vivre en une ville où tout semble se télescoper : la vie contemplative et religieuse, l’héritage d’une histoire multiséculaire, les conflits géopolitiques, la lutte au quotidien pour gagner sa vie, s’aimer, faire respecter ses droits tout en devant respecter les autres tels qu’ils sont.

Jérusalem, centre spirituel pour des millions de croyants, capitale indivisible pour les uns, ville occupée pour les autres. Entre ciel et terre, Jérusalem, la ville de toutes les vies, de toutes les ferveurs, jour et nuit, le 12 avril 2014 sur ARTE et la BR pendant vingt-quatre heures.

Production

La réalisation globale du projet a été confiée au réalisateur et dramaturge Volker Heise. « 24h Jérusalem » est produit par Thomas Kufus / zero one 24 (24h Berlin). zero one 24 travaille en coproduction avec Alegria Productions (France), la chaîne Bayerischer Rundfunk (BR) et ARTE. « 24h Jérusalem » est soutenu par FilmFernsehFonds Bayern, Medienboard Berlin-Brandenburg, Film- und Medienstiftung NRW et Media TV Broadcasting. « 24h Jérusalem » sera diffusé par la BR (Allemagne), ARTE (France-Allemagne), YLE (Finlande) et NRK (Norvège).

Un projet web inédit

24hjerusalem.tv #24hjerusalem

Avec « 24h Jérusalem », ARTE et la BR créent aussi l’événement sur le Web.
En synchronisant votre télévision avec un second écran (tablette, smartphone, ordinateur), vous participez à une nouvelle manière de vivre le documentaire : en écho au déroulement du programme, découvrez des informations complémentaires et synchronisées sur les lieux, les personnages, l’histoire et les rites de cette ville.

Découvrez aussi des « vines », vidéos courtes réalisées en direct à Jérusalem par notre équipe, des habitants ou d’autres personnes ailleurs, inspirées par Jérusalem. Dans cette expérience collective à la fois informative, poétique et ludique, vous dialoguez avec les autres internautes ainsi qu’avec l’équipe de « 24h Jérusalem ».

Vingt-quatre jours avant la diffusion antenne démarre sur Internet le compte à rebours de cet événement exceptionnel. Découvrez le vidéo-blog de Volker Heise, réalisateur global du projet « 24h Jérusalem » : il y dévoile les difficultés du tournage dans cette ville déchirée par des conflits historiques et bien actuels.

Pendant deux mois, le programme sera visible en rattrapage sur le web, avec tous les contenus complémentaires rassemblés avant et pendant la diffusion.

Production

24hjerusalem.tv est produit par Serge Gordey et Christine Camdessus / Alegria Productions et Alexandre Brachet / Upian, en coproduction avec Thomas Kufus / zero one 24, ARTE et BR. Avec l’aide du CNC (Centre national de la cinématographie et de l’image animée - France) et du Fonds de soutien allemand, Film- und Medienstiftung NRW.

Partenaires

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  • Film und Medien Stiftung NRW

Projet

« 24h Jérusalem » raconte un jour de cette ville magique et pleine de contradictions. Au cœur d’un point chaud du globe, un projet unique à découvrir à la télévision et sur Internet.

Jérusalem. Une ville absolument unique au monde. Lieu intense et lieu de tensions, lieu de désir et lieu de foi. Ici, ciel et terre s’embrassent, et avec eux, les religions de ce monde. Mais Jérusalem, c’est aussi la ville où les conflits s’exacerbent. Israéliens et Palestiniens s’affrontent depuis des décennies pour leur place dans la ville divisée.

Grâce à « 24h Jérusalem », plongez-vous durant tout un jour dans ce creuset mystique. Vivez des rencontres passionnantes dans le dédale des rues et au pied des murailles de la cité plusieurs fois millénaire. Et faites connaissance avec quelques-uns de ses habitants, qui chaque jour, chaque instant, se heurtent à de nouveaux obstacles, de nouvelles frontières.

Programme TV

Un programme TV de 24 heures

De six heures du matin à six heures le lendemain, d’un lever du jour à l’autre, découvrir le quotidien de tous les habitants de Jérusalem : telle est l’extraordinaire expérience que propose « 24h Jérusalem ».

Un an après un tournage effectué par environ 70 équipes auprès de ses habitants palestiniens, israéliens, et de ceux venus d’ailleurs, la vie telle qu’elle est vécue, heure après heure. Un programme documentaire où les personnages de tous horizons, toutes convictions, toutes conditions, trouvent chacun leurs manières et raisons de vivre en une ville où tout semble se télescoper : la vie contemplative et religieuse, l’héritage d’une histoire multiséculaire, les conflits géopolitiques, la lutte au quotidien pour gagner sa vie, s’aimer, faire respecter ses droits tout en devant respecter les autres tels qu’ils sont.

Jérusalem, centre spirituel pour des millions de croyants, capitale indivisible pour les uns, ville occupée pour les autres. Entre ciel et terre, Jérusalem, la ville de toutes les vies, de toutes les ferveurs, jour et nuit, le 12 avril 2014 sur ARTE et la BR pendant vingt-quatre heures.

Production

La réalisation globale du projet a été confiée au réalisateur et dramaturge Volker Heise. « 24h Jérusalem » est produit par Thomas Kufus / zero one 24 (24h Berlin). zero one 24 travaille en coproduction avec Alegria Productions (France), la chaîne Bayerischer Rundfunk (BR) et ARTE. « 24h Jérusalem » est soutenu par FilmFernsehFonds Bayern, Medienboard Berlin-Brandenburg, Film- und Medienstiftung NRW et Media TV Broadcasting. « 24h Jérusalem » sera diffusé par la BR (Allemagne), ARTE (France-Allemagne), YLE (Finlande) et NRK (Norvège).

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Avec « 24h Jérusalem », ARTE et la BR créent aussi l’événement sur le Web.
En synchronisant votre télévision avec un second écran (tablette, smartphone, ordinateur), vous participez à une nouvelle manière de vivre le documentaire : en écho au déroulement du programme, découvrez des informations complémentaires et synchronisées sur les lieux, les personnages, l’histoire et les rites de cette ville.

Découvrez aussi des « vines », vidéos courtes réalisées en direct à Jérusalem par notre équipe, des habitants ou d’autres personnes ailleurs, inspirées par Jérusalem. Dans cette expérience collective à la fois informative, poétique et ludique, vous dialoguez avec les autres internautes ainsi qu’avec l’équipe de « 24h Jérusalem ».

Vingt-quatre jours avant la diffusion antenne démarre sur Internet le compte à rebours de cet événement exceptionnel. Découvrez le vidéo-blog de Volker Heise, réalisateur global du projet « 24h Jérusalem » : il y dévoile les difficultés du tournage dans cette ville déchirée par des conflits historiques et bien actuels.

Pendant deux mois, le programme sera visible en rattrapage sur le web, avec tous les contenus complémentaires rassemblés avant et pendant la diffusion.

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24hjerusalem.tv est produit par Serge Gordey et Christine Camdessus / Alegria Productions et Alexandre Brachet / Upian, en coproduction avec Thomas Kufus / zero one 24, ARTE et BR. Avec l’aide du CNC (Centre national de la cinématographie et de l’image animée - France) et du Fonds de soutien allemand, Film- und Medienstiftung NRW.

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Jérusalem en vidéo courte Vine

Le 12 avril, une expérience collective a permis la réalisation de milliers de films de 6 secondes. En savoir plus

Le 12 avril, des milliers de « Vine » (courtes vidéos de 6 secondes) ont été réalisés en direct. A la fois par une équipe de réalisateurs, photographes et artistes depuis Jérusalem, des étudiants de l'école des beaux-arts de Jérusalem, ainsi que par des téléspectateurs de toute l'Europe.Témoignages réalistes, poèmes visuels ou images expérimentales, ces courtes vidéos offrent un regard singulier et créatif sur la ville, un dialogue en écho avec le programme documentaire.

Découvrir les #Thèmes de #24hjerusalem

#Rêves

La nuit à Jérusalem. Dans les deux parties de la ville, les habitants rêvent de paisibles lendemains.

Suivez le journal de bord du réalisateur De jour en jour, 24 chroniques : Volker Heise évoque les difficultés presque insurmontables qu’ils avaient rencontrées dans l’organisation du tournage. En savoir plus

Au début de la préparation de notre longue journée de tournage du printemps 2013, j’ai tenu un journal en vidéo. Je ne l'envisageais que comme aide-mémoire, et il n’était pas destiné à être diffusé. J’avais la sensation qu’il nous fallait conserver une trace des événements de ces semaines. À l’arrière-plan, il y avait le boycott lancé par la partie palestinienne lors de notre première tentative de tournage, en septembre 2012, parce qu’ils craignaient que Jérusalem soit représentée du seul point de vue israélien. Au bout de six mois, et après bien des pourparlers, nous avions des partenaires des deux côtés, le projet était totalement refondu et nos chances de succès s’annonçaient excellentes. Mais rien ne s’est passé comme prévu, et c’est alors que le journal privé s’est transformé à l’improviste en document. En 24 chroniques, il révèle les vicissitudes d’un projet dont l’aboutissement sera incertain jusqu’au dernier moment.

Les jours d'après

La dernière scène

Yan est sur le départ et cache les disques durs qui contiennent les prises de vue.

Jour J

Le grand jour du tournage

Entre peur et espoir.

J-1

Tant de matériel pour un seul jour de tournage !

Deux millions d’euros de matériel attendent sagement le lendemain.

Entretien avec le réalisateur
Volker Heise

Pourquoi le désir de réaliser un nouveau « 24h » vous a-t-il amené à choisir Jérusalem ?

Parce que c’est un site névralgique. Pour 24h Berlin, nous étions plutôt partis d’une approche sociologique, puisqu’une ville concentre un maximum de différences sur un espace minimum. Mais à Jérusalem, ces différences sont tellement considérables que nombre d’habitants ne peuvent pas se mettre d’accord sur les problèmes les plus élémentaires. Par exemple : où commence la ville, où finit-elle ? Qui en est citoyen, qui ne l’est pas ? Comment une ville peut-elle gérer le fait qu’elle est revendiquée par trois religions majeures et deux sociétés ? Que se passe-t-il quand, à quelques mètres de distance, des modes de vie traditionnels et modernes se confrontent quotidiennement ? Ce sont des questions de ce type qui nous ont poussés à nous rendre à Jérusalem. Je ne parlerais pas de portrait, parce qu’il ne s’agit ni d’une synthèse, ni d’une histoire finie. 24hJerusalem n’a pas réellement de fin et peut être regardé de multiples façons. On tente de reconstituer une grande image, mais on constate que les pièces ont du mal à s’assembler. Et c’est sur les lignes de fracture que cela devient intéressant.

L’expérience de 24h Berlin vous a-t-elle été utile pour le tournage à Jérusalem ?

Sans elle, l’entreprise aurait été impossible. Car à Jérusalem, nous avons dû faire face à des problèmes totalement inédits, et c’était donc bien de disposer d’une base solide. Si nous avions dû mettre en oeuvre une logistique aussi compliquée sans l’avoir testée dans la réalité, nous aurions été obligés de renoncer.

Existe-il des parallèles entre les deux villes, en dépit de leurs différences ?

On ne peut pas les comparer. Il y a peu de croyants à Berlin, peu de non-croyants à Jérusalem. Berlin, c’est l’Europe, Jérusalem vit entre plusieurs cultures. Berlin vit dans le présent, à Jérusalem, le passé c’est aussi du présent. Mais on pourrait dire : Berlin avait un mur, Jérusalem a un mur, l’édifice s’est déplacé. La première fois qu’on se retrouve face aux dispositifs de sécurité israéliens, j’avoue qu’en tant que Berlinois, cela fait un choc, comme si on était dans la machine à remonter le temps. Mais ce mur-là est un mur bien différent du nôtre.

Comment abordez-vous le conflit entre Israël et la Palestine ?

Travailler dans un cadre aussi explosif, c’est évidemment difficile. Quand 70 équipes sont à pied d’œuvre sur une journée dans une ville de 800 000 habitants, cela ne peut échapper aux acteurs hautement politisés qui s’y affrontent. Et chacun de ces acteurs veut que soit prise en compte sa propre image de la cité. C’est pourquoi le grand défi a consisté à affirmer notre indépendance, tout en garantissant les conditions requises pour notre tournage. Il est évident que le conflit joue un rôle, dans la mesure où il est présent dans la vie de ceux que nous avons suivis. Presque tous vivent sur les lignes de front qui découpent la ville. C’est à travers leurs yeux que ce conflit devient visible, ce qui, avec environ 90 protagonistes, aboutit à une multiplicité de points de vue. Je ne voulais ni expliquer ce conflit, ni en atténuer la portée, mais montrer toutes ses ramifications.

Entretiens réalisés par Sophie Diernberger et Julian Claassen.

Entretien avec le producteur
Thomas Kufus

Comment expliquer que le premier tournage, prévu en septembre 2012, ait été annulé ?

Après deux années de préparation, le début du tournage était fixé au 6 septembre 2012. Trois semaines auparavant, les premiers signes d’alertes sont venus de groupes palestiniens appelant au boycott. Ces activistes organisés sur le plan international dans la mouvance des campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) protestaient car pour eux, le projet n’était pas acceptable politiquement parlant, il prenait le parti des Israéliens, normalisait l’occupation de Jérusalem par ces derniers et cautionnait donc les conditions de vie en découlant. En l’espace de quelques jours, tous les Palestiniens engagés dans le projet avaient été appelés au boycott via différents réseaux sociaux. Par la force des choses, ils ont abandonné le projet. Tous ne l’ont pas fait de leur plein gré, certains ayant reçu des menaces téléphoniques. Le tournage a dû être annulé, car dans cette ville divisée, nous ne voulions pas réaliser une production montrant uniquement le point de vue des Israéliens. Le préjudice causé par cette annulation a été considérable, tant sur le plan moral que financier. Il ne restait ensuite que deux alternatives : jeter l’éponge ou repenser l’ensemble. Nous avons opté pour la seconde solution. Persuadés que notre planification était bonne, nous avions sous-estimé le caractère explosif de ce projet et sa signification politique sur place. Après ce premier appel au boycott, l’idée d’une refonte totale du scénario s’est peu à peu imposée avec une répartition paritaire entre équipes et protagonistes palestiniens, israéliens et européens. Une des exigences de la partie palestinienne était en effet une séparation stricte. Aucune équipe palestinienne ne devait être en contact avec une équipe israélienne.

Comment avez-vous finalement pu tourner en avril 2013 malgré un appel réitéré au boycott ?

Le 15 avril 2013, trois jours avant la date de tournage prévue, un nouvel appel au boycott a malgré tout été lancé, au prétexte que nous prenions parti pour Israël. Nos collaborateurs palestiniens étaient menacés de telles mesures de rétorsion que nous ne pouvions plus garantir le tournage avec eux et nous nous sommes résignés à l’annuler. Mais nous avons travaillé comme prévu avec les autres, misant sur la force des faits. Voyant qu’Européens et Israéliens n’avaient pas hésité à tourner, nombre de Palestiniens sont en effet revenus vers nous, car ils voulaient bien sûr eux aussi donner leur vision de Jérusalem. Nous sommes finalement parvenus au résultat souhaité – un équilibre entre les différents points de vue.

Qu’avez-vous retenu de ces difficultés ?

Face à pareil projet, d’une telle ampleur et d’une telle dimension politique, il faut choisir un angle. A la suite du premier boycott, nous avons donc opté pour la perspective européenne pour sortir de l’impasse. La vision que les Israéliens ont de Jérusalem n’a rien à voir avec celle qu’en ont les Palestiniens : cela va de soi. Ces deux visions sont irréconciliables, nous nous en sommes clairement rendu compte une fois sur place. Pour les militants palestiniens, la coopération culturelle, scientifique et économique avec Israël est perçue comme une “normalisation” qui entérine le statu quo. Les partisans du boycott cherchent donc des projets spécifiques qu’ils frappent ensuite de sanctions. Même Daniel Barenboim et son West-Eastern Divan Orchestra (constitué de musiciens originaires d’Israël, des Territoires palestiniens et d’autres pays arabes de la région) a été boycotté, de même que de nombreux autres événements culturels. Force a été pour nous de reconnaître que c’est l’un des rares moyens dont ils disposent.

Entretien avec les producteurs
Serge Gordey & Alexandre Brachet

Le couple télévision et Internet est au cœur des débats de l'industrie culturelle. On entend même dire ici ou là que le web serait en train de tuer la télévision. Il suffit de voir un projet aussi innovant et ambitieux que 24h Jérusalem pour constater que la télévision n'a pas dit son dernier mot. Par contre, oui, nous croyons que la télévision est en train de se réinventer grâce à l'Internet.

Les spectateurs qui ont le temps ou l’énergie de regarder 24h Jérusalem d’un seul trait n’existent sans doute pas. Pour réaliser le pari de partager la vie des habitants de Jérusalem pendant toute une journée et toute une nuit, il a ainsi été décidé par les producteurs du programme de le rendre accessible pour une période exceptionnelle – deux mois – sur le web où chacun pourra voir et revoir les riches heures des habitants de la ville.

Et puis, nous avons décidé d'aller encore plus loin. Avec la complicité des chaînes ARTE et BR, nous avons imaginé un dispositif inédit qui donne une résonnance encore plus grande à l’expérience documentaire de 24h Jérusalem. Tout au long du déroulement du programme, les spectateurs peuvent voir des informations complémentaires - près d’un millier - sur un second écran (tablette, smartphone, ordinateur), synchronisées au préalable avec l’heure du programme. Des notions d’histoire, de sociologie, de théologie, de démographie, des cartes, sont proposés ainsi que des moyens de navigation virtuelle qui permettent de voir un lieu à 360°.

Mais outre ces fiches informatives, ce voyage est l’occasion de vivre une grande aventure tout à la fois créative et collective : des centaines et des centaines de mini-films réalisés à Jérusalem sont associés aux séquences du programme de télévision. Il s’agit d’images captées par une équipe de cinéastes, d’artistes, de vidéastes ou tout simplement de preneurs d’images amateurs, qui proposent leur regard propre, plus ou moins décalé, ironique, poétique et forcément singulier et subjectif. Ces films ont été tournés dans l'immédiateté de la diffusion et choisis en direct par notre régie de réalisation sur le web.

Une autre forme de vivre l’expérience de 24h Jérusalem, adaptée au médium qu'est le web. Manière de vérifier qu’une image peut toujours en cacher ou, mieux, en suggérer une autre. Autant de regards qui affinent notre acuité visuelle, notre perception qu’aucune image n’est la réalité, mais bien une manière particulière de se la représenter. C’est d’autant plus précieux dans une ville comme Jérusalem, la ville entre ciel et terre, où le passé et le présent se confondent sans cesse, où une seconde n'est jamais qu'une image d'éternité.

Partenaires de 24h Jérusalem

  • Zero One
  • Alegria
  • Upian
  • BR
  • ARTE
  • FFF Bayern
  • medienboard
  • Film und Medien Stiftung NRW
  • Medai - Europe loves cinema
  • CNC
  • YLE Teema
  • NRK
  • firsthandfilms

Partenaires médias

  • Rue 89
  • Zeit
  • The Guardian

Entretien avec le réalisateur
Volker Heise

Entretien avec le producteur
Thomas Kufus

Pourquoi le désir de réaliser un nouveau « 24h » vous a-t-il amené à choisir Jérusalem ?

Parce que c’est un site névralgique. Pour 24h Berlin, nous étions plutôt partis d’une approche sociologique, puisqu’une ville concentre un maximum de différences sur un espace minimum. Mais à Jérusalem, ces différences sont tellement considérables que nombre d’habitants ne peuvent pas se mettre d’accord sur les problèmes les plus élémentaires. Par exemple : où commence la ville, où finit-elle ? Qui en est citoyen, qui ne l’est pas ? Comment une ville peut-elle gérer le fait qu’elle est revendiquée par trois religions majeures et deux sociétés ? Que se passe-t-il quand, à quelques mètres de distance, des modes de vie traditionnels et modernes se confrontent quotidiennement ? Ce sont des questions de ce type qui nous ont poussés à nous rendre à Jérusalem. Je ne parlerais pas de portrait, parce qu’il ne s’agit ni d’une synthèse, ni d’une histoire finie. 24hJerusalem n’a pas réellement de fin et peut être regardé de multiples façons. On tente de reconstituer une grande image, mais on constate que les pièces ont du mal à s’assembler. Et c’est sur les lignes de fracture que cela devient intéressant.

L’expérience de 24h Berlin vous a-t-elle été utile pour le tournage à Jérusalem ?

Sans elle, l’entreprise aurait été impossible. Car à Jérusalem, nous avons dû faire face à des problèmes totalement inédits, et c’était donc bien de disposer d’une base solide. Si nous avions dû mettre en oeuvre une logistique aussi compliquée sans l’avoir testée dans la réalité, nous aurions été obligés de renoncer.

Existe-il des parallèles entre les deux villes, en dépit de leurs différences ?

On ne peut pas les comparer. Il y a peu de croyants à Berlin, peu de non-croyants à Jérusalem. Berlin, c’est l’Europe, Jérusalem vit entre plusieurs cultures. Berlin vit dans le présent, à Jérusalem, le passé c’est aussi du présent. Mais on pourrait dire : Berlin avait un mur, Jérusalem a un mur, l’édifice s’est déplacé. La première fois qu’on se retrouve face aux dispositifs de sécurité israéliens, j’avoue qu’en tant que Berlinois, cela fait un choc, comme si on était dans la machine à remonter le temps. Mais ce mur-là est un mur bien différent du nôtre.

Comment abordez-vous le conflit entre Israël et la Palestine ?

Travailler dans un cadre aussi explosif, c’est évidemment difficile. Quand 70 équipes sont à pied d’œuvre sur une journée dans une ville de 800 000 habitants, cela ne peut échapper aux acteurs hautement politisés qui s’y affrontent. Et chacun de ces acteurs veut que soit prise en compte sa propre image de la cité. C’est pourquoi le grand défi a consisté à affirmer notre indépendance, tout en garantissant les conditions requises pour notre tournage. Il est évident que le conflit joue un rôle, dans la mesure où il est présent dans la vie de ceux que nous avons suivis. Presque tous vivent sur les lignes de front qui découpent la ville. C’est à travers leurs yeux que ce conflit devient visible, ce qui, avec environ 90 protagonistes, aboutit à une multiplicité de points de vue. Je ne voulais ni expliquer ce conflit, ni en atténuer la portée, mais montrer toutes ses ramifications.

Entretiens réalisés par Sophie Diernberger et Julian Claassen.

Comment expliquer que le premier tournage, prévu en septembre 2012, ait été annulé ?

Après deux années de préparation, le début du tournage était fixé au 6 septembre 2012. Trois semaines auparavant, les premiers signes d’alertes sont venus de groupes palestiniens appelant au boycott. Ces activistes organisés sur le plan international dans la mouvance des campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) protestaient car pour eux, le projet n’était pas acceptable politiquement parlant, il prenait le parti des Israéliens, normalisait l’occupation de Jérusalem par ces derniers et cautionnait donc les conditions de vie en découlant. En l’espace de quelques jours, tous les Palestiniens engagés dans le projet avaient été appelés au boycott via différents réseaux sociaux. Par la force des choses, ils ont abandonné le projet. Tous ne l’ont pas fait de leur plein gré, certains ayant reçu des menaces téléphoniques. Le tournage a dû être annulé, car dans cette ville divisée, nous ne voulions pas réaliser une production montrant uniquement le point de vue des Israéliens. Le préjudice causé par cette annulation a été considérable, tant sur le plan moral que financier. Il ne restait ensuite que deux alternatives : jeter l’éponge ou repenser l’ensemble. Nous avons opté pour la seconde solution. Persuadés que notre planification était bonne, nous avions sous-estimé le caractère explosif de ce projet et sa signification politique sur place. Après ce premier appel au boycott, l’idée d’une refonte totale du scénario s’est peu à peu imposée avec une répartition paritaire entre équipes et protagonistes palestiniens, israéliens et européens. Une des exigences de la partie palestinienne était en effet une séparation stricte. Aucune équipe palestinienne ne devait être en contact avec une équipe israélienne.

Comment avez-vous finalement pu tourner en avril 2013 malgré un appel réitéré au boycott ?

Le 15 avril 2013, trois jours avant la date de tournage prévue, un nouvel appel au boycott a malgré tout été lancé, au prétexte que nous prenions parti pour Israël. Nos collaborateurs palestiniens étaient menacés de telles mesures de rétorsion que nous ne pouvions plus garantir le tournage avec eux et nous nous sommes résignés à l’annuler. Mais nous avons travaillé comme prévu avec les autres, misant sur la force des faits. Voyant qu’Européens et Israéliens n’avaient pas hésité à tourner, nombre de Palestiniens sont en effet revenus vers nous, car ils voulaient bien sûr eux aussi donner leur vision de Jérusalem. Nous sommes finalement parvenus au résultat souhaité – un équilibre entre les différents points de vue.

Qu’avez-vous retenu de ces difficultés ?

Face à pareil projet, d’une telle ampleur et d’une telle dimension politique, il faut choisir un angle. A la suite du premier boycott, nous avons donc opté pour la perspective européenne pour sortir de l’impasse. La vision que les Israéliens ont de Jérusalem n’a rien à voir avec celle qu’en ont les Palestiniens : cela va de soi. Ces deux visions sont irréconciliables, nous nous en sommes clairement rendu compte une fois sur place. Pour les militants palestiniens, la coopération culturelle, scientifique et économique avec Israël est perçue comme une “normalisation” qui entérine le statu quo. Les partisans du boycott cherchent donc des projets spécifiques qu’ils frappent ensuite de sanctions. Même Daniel Barenboim et son West-Eastern Divan Orchestra (constitué de musiciens originaires d’Israël, des Territoires palestiniens et d’autres pays arabes de la région) a été boycotté, de même que de nombreux autres événements culturels. Force a été pour nous de reconnaître que c’est l’un des rares moyens dont ils disposent.

Entretien avec les producteurs
Serge Gordey & Alexandre Brachet

Le couple télévision et Internet est au cœur des débats de l'industrie culturelle. On entend même dire ici ou là que le web serait en train de tuer la télévision. Il suffit de voir un projet aussi innovant et ambitieux que 24h Jérusalem pour constater que la télévision n'a pas dit son dernier mot. Par contre, oui, nous croyons que la télévision est en train de se réinventer grâce à l'Internet.

Les spectateurs qui ont le temps ou l’énergie de regarder 24h Jérusalem d’un seul trait n’existent sans doute pas. Pour réaliser le pari de partager la vie des habitants de Jérusalem pendant toute une journée et toute une nuit, il a ainsi été décidé par les producteurs du programme de le rendre accessible pour une période exceptionnelle – deux mois – sur le web où chacun pourra voir et revoir les riches heures des habitants de la ville.

Et puis, nous avons décidé d'aller encore plus loin. Avec la complicité des chaînes ARTE et BR, nous avons imaginé un dispositif inédit qui donne une résonnance encore plus grande à l’expérience documentaire de 24h Jérusalem. Tout au long du déroulement du programme, les spectateurs peuvent voir des informations complémentaires - près d’un millier - sur un second écran (tablette, smartphone, ordinateur), synchronisées au préalable avec l’heure du programme. Des notions d’histoire, de sociologie, de théologie, de démographie, des cartes, sont proposés ainsi que des moyens de navigation virtuelle qui permettent de voir un lieu à 360°.

Mais outre ces fiches informatives, ce voyage est l’occasion de vivre une grande aventure tout à la fois créative et collective : des centaines et des centaines de mini-films réalisés à Jérusalem sont associés aux séquences du programme de télévision. Il s’agit d’images captées par une équipe de cinéastes, d’artistes, de vidéastes ou tout simplement de preneurs d’images amateurs, qui proposent leur regard propre, plus ou moins décalé, ironique, poétique et forcément singulier et subjectif. Ces films ont été tournés dans l'immédiateté de la diffusion et choisis en direct par notre régie de réalisation sur le web.

Une autre forme de vivre l’expérience de 24h Jérusalem, adaptée au médium qu'est le web. Manière de vérifier qu’une image peut toujours en cacher ou, mieux, en suggérer une autre. Autant de regards qui affinent notre acuité visuelle, notre perception qu’aucune image n’est la réalité, mais bien une manière particulière de se la représenter. C’est d’autant plus précieux dans une ville comme Jérusalem, la ville entre ciel et terre, où le passé et le présent se confondent sans cesse, où une seconde n'est jamais qu'une image d'éternité.